Je ne suis pas entrée dans ce métier
par fascination pour la mode.
Très tôt,
j’ai compris que l’image
modifiait les rapports.
Je l’ai d’abord observé
sur moi-même.
Puis partout ailleurs.
L’image produisait déjà
une lecture.
Je ne travaille pas
à partir de règles fixes.
Ni morphologie.
Ni colorimétrie figée.
Ni formules répétées.
Les cadres rassurent.
Ils ne construisent pas
une présence.
Je regarde :
la tension,
la tenue,
la cohérence,
la perception,
la trace laissée.
Certaines silhouettes habillent.
D’autres installent immédiatement :
une autorité.
Une intention.
Une position.
C’est cette différence
qui m’intéresse.
Je ne dirige pas une apparence.
Je dirige la perception qu’elle produit.
J’interviens lorsque l’image
commence à porter davantage
qu’un simple style personnel.
Une position.
Une visibilité.
Une exposition.
Lorsque la situation l’exige,
j’en orchestre également
l’ensemble :
direction visuelle,
coiffure,
maquillage…
Avec mon équipe.
Je ne cherche pas
à faire entrer quelqu’un
dans une esthétique.
Je cherche
la bonne lecture.
Une image forte
n’attire pas forcément
davantage l’attention.
Elle modifie autre chose.
La perception.
Le rapport.
La place.
C’est là que commence
mon travail.