la morphologie et la colorimétrie
ne dirigent pas une image

(Et pourquoi les règles affaiblissent la présence.)

Les règles rassurent.
Elles ne révèlent pas.
Elles limitent.
Elles n’élèvent pas.

Morphologie, colorimétrie, typologies, saisons, formes dites “adaptées”.
Ces systèmes ont été pensés pour simplifier le vêtement.
Pas pour clarifier une présence.

Ils classent.
Ils réduisent.
Ils normalisent.

Une image tenue ne naît jamais d’un tableau.
Elle naît d’une intention.

Les règles de l’apparence reposent sur trois illusions.

1. L’illusion de l’harmonie

On parle d’équilibre.
De proportions à corriger.
De lignes à compenser.

Comme si le corps devait être ajusté
avant même d’être regardé.

La direction d’image ne corrige rien.
Elle compose.
Elle amplifie.
Elle installe.

Un corps n’a pas besoin d’être harmonisé.
Il a besoin d’être dirigé.

 

2. L’illusion de la bonne couleur

On attribue à la couleur un pouvoir qu’elle n’a pas.
On la pense flatteuse ou défavorable,
comme si elle décidait à elle seule de la présence.

La couleur ne sert pas une peau.
Elle sert une intention.
Un rôle.
Un niveau.

Ce n’est pas la couleur qui porte une image.
C’est l’usage qui en est fait.

 

3. L’illusion de la règle universelle

On applique des prescriptions générales
à des situations singulières.

Comme si toutes les silhouettes
avaient la même fonction,
le même enjeu,
le même contexte.

Une image stratégique n’obéit pas à une règle.
Elle obéit à une vision.

Ce que l’on dit rarement

Les règles facilitent l’industrie.
Elles accélèrent les décisions.
Elles simplifient les choix.

Mais elles ne révèlent pas une présence.

Une direction d’image ne classe pas.
Elle lit.
Elle définit.
Elle crée.
Elle installe.

Vous n’avez pas besoin d’une règle.
Vous avez besoin d’une ligne.

Votre image n’a pas besoin de cadres.
Elle a besoin de direction.